Le lendemain, Maître ramenait à Paris son 205e. Il donnait sa démission de chef du bataillon. Le jour même, il prenait, à la caserne de la Cité, le commandement de nos Enfants du Père Duchêne.

déjeuner à la caserne

Milieu de mai. Maître nous a invités tous trois à déjeuner au mess du bataillon.

—Je vous présenterai, nous a-t-il dit, mon capitaine d’état-major. Un brave à trois poils. Samson.

Le bataillon est caserné à la Cité. Sous le portail de l’entrée, face au parvis Notre-Dame, c’est tout un fourmillement d’uniformes. Nombre de corps francs—Turcos, Défenseurs ou Vengeurs—logent là. La caserne était occupée, avant le 18 mars, par la garde de Paris. Les nouveaux venus ont vidé les chambres, jeté par les fenêtres les casques et les shakos, qui gisent, çà et là, dans la cour.

Je suis venu avec Vermersch. Maître nous attend. Un officier l’accompagne. Cet officier porte, épinglées à son uniforme, une rangée de médailles, Crimée, Italie, Mexique...

—Le capitaine Samson.

Nous n’avons ni le sabre de cavalerie, ni l’écharpe rouge à glands d’or. Mais Samson n’en fait pas moins un salut militaire en règle.

—Citoyens, la Commune peut compter sur moi.

—Et aussi le Père Duchêne?