Et ils tendent les bras vers l’horizon, comme s’ils voulaient saisir et emporter avec eux toutes ces merveilles et toutes ces richesses qu’ils ne font qu’entrevoir, comme dans un rêve...
C’était bien la peine de prendre Paris, de souffrir, de risquer cent fois la mort, de se couronner de lauriers, pour être parqués ici comme un troupeau de prisonniers!
cochon de Prussien!
Cours-la-Reine. Cavalerie. Artillerie. Les canons allongent leur col d’acier. Ce sont ces canons qui nous ont vaincus. La légende court, depuis les premières batailles, que, tandis que nos artilleurs faisaient rage, les soldats prussiens mangeaient tranquillement la soupe derrière leurs batteries. Nos projectiles ne les atteignaient pas. Aussi, ce qu’on les regarde, ces canons! Les chevaux sont liés aux arbres. Souvenir des Cosaques et de l’Invasion. Près des pièces, les soldats causent, rient, fument leurs longues pipes. En voici un, à figure placide, aux grands yeux bleus, qui porte, accrochée à un bouton de sa veste, sa blague à tabac.
Un gamin l’approche. Il touche la blague, la fait sauter d’une chiquenaude. Le Prussien ne bronche pas. Le galopin s’enhardit, ricane au nez du colosse.
—Toi Prussien. Mangeur de saucisses...
Le soldat ne dit rien.
—Cochon de Prussien!...
Le soldat a compris. Il sourit, décroche sa blague, en menace le gamin, qui recule et s’enfuit.
cuirassiers blancs