au parvis
Milieu de mai. Une après-midi, nous voyons flamber, à la porte de l’échoppe de la rue du Croissant, où nous vendons le Père Duchêne, la face ronde et fleurie de Paget. Treillard, mis par la Commune à la tête de l’Assistance publique, vient de le nommer à la direction de l’Hôtel-Dieu.
—Eh quoi! vous ne venez seulement pas me voir! Demain, on vous attendra à déjeuner... Je ne fais que passer.
—Entendu. A demain.
Le lendemain, nous étions, Vermersch, Humbert et moi, au parvis Notre-Dame. Paget nous attendait, faisant les cent pas devant le portail.[212]
—Ah! si ma mère me voyait! nous dit en nous abordant, d’un accent tout ému, Paget. Ce qu’elle serait heureuse! Dire qu’elle m’en veut toujours de n’être qu’officier de santé et de ne pas prendre mes inscriptions pour le doctorat. Mais maintenant...
C’était une des sorties familières de notre vieil ami, qui songeait toujours, malgré ses cinquante ans, à passer son doctorat, pour contenter sa maman.
Nous franchissons le portique de l’hôpital. Paget nous précède. Il gravit l’escalier, d’un air digne, son éternelle calotte dansant au bout de son bras. Nous allions nous engager dans un long corridor, quand Paget se retourne, et, d’un air triomphant:
—Eh bien! jeunes gens, vous ne remarquez rien?
Rien que les longues lévites grises et les bonnets de coton des malades qui, entendant des voix, se montrent aux portes.