—Foutre non! répond Paget, probablement désappointé, et mal en veine.
Il est si attentif à sa pêche, qu’il ne se retourne point. Je dois lui frapper sur l’épaule:
—Tiens! Qu’est-ce que tu fais aujourd’hui par ici?
Paget est tout entier à sa passion favorite, qui ne va point sans une grande tranquillité d’âme.
—Mais, lui dis-je un peu impatienté, tu ne sens donc pas la fumée de l’Hôtel de Ville. Je viens de rencontrer l’ami H... sur le pont, conduisant une voiture chargée de tonneaux de pétrole.... Mon vieux, ça chauffe et je te conseille de remiser tes hameçons... Allons, partons, si tu ne veux pas être fusillé ici même dans une heure, et servir d’amorce à tes poissons.
—Fusillé, moi!
—Eh bien, pourquoi pas? dis-je en riant. Ah! pour un vieux de Décembre, tu n’es pas malin...
Paget renvide enfin sa ligne.
—Mets-la dans l’armoire du coin, dit-il à l’infirmier. Dans l’autre, mes hameçons se rouillent...
Je l’entraînai dans l’escalier sombre. Nous remontâmes en haut. Cinq minutes après, je traversais le pont au Change. A deux heures, le Panthéon était attaqué.