incendiaire

Lorsque, quelques mois plus tard, fuyant vers la frontière, je m’arrêtai à Champagnole, où était né Paget, je demandai de ses nouvelles à une auberge où j’avais fait une halte.

—M. Paget, me répondit une accorte jurassienne au corsage amplement garni, mais, monsieur, il a été arrêté par les gendarmes ces jours derniers. On l’a fait partir pour Lons-le-Saunier.

Je fis l’étonné. Qu’avait donc fait M. Paget?

—Ah! mais, monsieur, c’est pour les affaires de Paris qu’on l’a arrêté... C’était un bien brave homme... Vous le connaissiez?

La servante me regardait dans les yeux. Je répondis je ne sais plus quoi, que je l’avais vu avec un ami. Je payai ma dépense, et filai, ne soupçonnant point la brave fille, mais redoutant la curiosité d’un gendarme ou d’un commissaire.

L’arrestation de Paget avait été demandée à la Commission d’enquête par M. le marquis de Quinsonas.

Paget était accusé de complicité dans la tentative d’incendie de Notre-Dame.

—Le gouvernement de l’Hôtel-Dieu—dit M. de Quinsonas—avait été confié par la Commune à un nommé Paget-Lupicin. Il y avait là quatre internes en pharmacie. Ces jeunes gens lui ont demandé les pompes de l’Hôtel-Dieu pour aller au secours de l’Hôtel de Ville. Ces pompes leur ont été refusées. Je ne sais si ce Paget-Lupicin est arrêté. Le général en a-t-il connaissance?

—Je n’en sais rien, répond le général Appert—L’instruction se fait à Paris.[215]