Dans la nef, une centaine d’auditeurs. Pas plus. Une douzaine de femmes. Les hommes en fédérés. Quelques-uns fument. Les femmes en caracos. Adossés à un pilier, deux gardes assis devant une chaise vide, sur laquelle ils viennent de poser un litre, une miche de pain et du saucisson. Ils mangent et, à tour de rôle, boivent. En silence. Pas de gestes. Comme un respect pour ce qui est toujours pour eux le saint lieu, où, peut-être, ils ont été baptisés et mariés.

La citoyenne déclame toujours. L’assistance a l’air plutôt froide.

—C’est ça, un club! me dit Gill. Ce n’est pas gai... Et dire que, plus tard, les historiens en feront des tableaux flamboyants... Ah! l’Histoire...

Et Gill, repris par son spleen de tout à l’heure:

—Allons-nous-en. C’est moins rigolo que la messe de minuit.

C’était vrai. L’intérêt était plus loin. Le canon des forts tonnait. Et ma pensée, détachée du discours de la citoyenne, de la chaire à prêcher et du banc d’œuvre, s’en allait aux avant-postes. Est-ce que, à ce moment même, les Versaillais, comme l’annonçait Gill tout à l’heure, ne tentaient pas le dernier effort?...

Nous nous dirigions vers la porte de sortie de l’église, quand, brusquement, une sonnerie éclate dans le silence.

Le clairon du banc d’œuvre!

Eh oui! Le président, debout, au milieu de ses assesseurs, tient à la main le cuivre qu’il vient d’ôter de ses lèvres. Le clairon remplace la sonnette pour annoncer la clôture.

A la tribune—d’où est descendue la citoyenne—un officier fédéré agite le drapeau rouge.