Nous entrons au café d’Orsay[221] pour y déjeuner.

Survient un groupe d’amis. Eudes. Régère. Deux ou trois autres, en grand costume militaire. Ils doivent venir de la Légion d’honneur, toute proche, où Eudes a son quartier-général.

Régère, en uniforme de colonel fédéré. Képi au quintuple galon d’argent, bottes vernies à l’écuyère. Ceinture rouge autour du ventre. Épinglée au côté gauche, la petite rosette à franges d’or des membres de la Commune.

Ses amis sont depuis longtemps assis qu’il cause toujours, gesticulant. Sa face rougeaude s’illumine. Ses moustaches rousses, ses cheveux roux, ses favoris roux, grisonnants, étincellent.

Brusquement, il se laisse tomber sur une chaise, les jambes embarrassées dans son sabre.

Il se relève, détache le sabre, le saisit, et, d’une voix impérieuse, au garçon qui est à l’autre bout de la salle:

—Garçon, accrochez mon épée à la patère.

Régère tend l’épée, puis le képi galonné.

Vermersch me pousse du coude. Et, entre ses dents:

—Il est magnifique.