un témoin

Il y a quelques années de cela, à la suite d’un article sur la mort de Delescluze, je recevais d’un de mes lecteurs le témoignage suivant. Je le publie sans y rien changer:

Paris, le 14 février 1901.

Monsieur,

Je lis à l’instant votre article. Le jeudi 25 mai, Delescluze, accompagné de plusieurs officiers supérieurs de la Commune, voulait passer la barrière de Vincennes, vers deux heures de l’après-midi.

La garde de service—le 31e je crois—avait ou devait avoir la consigne de ne laisser passer personne, et, sauf le colonel Murat ou Demurat qui, avec une compagnie de garde nationale et des voitures d’artillerie, était allé chercher des munitions au fort de Vincennes, personne ne pouvait passer.

Je me rappelle, comme si c’était hier, le dialogue entre le chef de poste et les officiers.

—Vous ne passerez pas.

—Mais c’est Delescluze, le ministre de la guerre, et nous voulons aller au fort pour nous assurer s’il y a les munitions nécessaires.

Explosion de rires des gardes qui entourent l’état-major.