Lui!

—Je ne veux plus vivre! répétait-il à la porte de Vincennes.

Et à Ferré, qu’il rencontra à son retour à la mairie du onzième:

—Je suis épuisé...

Dès cet instant, sa résolution fut prise de marcher à la mort...

MATIN DE BATAILLE

sous l’Odéon

Mercredi 24 mai.—Dix heures. On se bat à la Croix-Rouge et rue Vavin. Le Luxembourg va être pris. Je descends, par la rue de Médicis, vers l’Odéon. Je m’arrête quelques instants sous la galerie où s’ouvre l’entrée des artistes. Là, de temps immémorial, qu’il fasse beau ou que la bise souffle, des habitués, professeurs, étudiants, simples voisins, toujours les mêmes, viennent à heure fixe, lire leurs journaux.

Des chaises de paille leur sont réservées. Ils paraissent, l’un après l’autre, choisissent une chaise, l’appuient contre un pilier. Ils vont prendre, à l’étalage du libraire, un journal, s’assoient, lisent. La lecture terminée, ils replient avec soin le journal, en ouvrent un autre.

Plusieurs restent, ainsi, une demi-heure, plus encore, et ne s’en vont que lorsque toutes les feuilles du matin, ou du soir—car ils reviennent vers cinq heures—leur ont passé sous les yeux.