Quand vint le Quatre-Septembre, il se rappela qu’il était cordonnier. Et que, par cela même, il pouvait chausser ses concitoyens. Il se rendit adjudicataire de la fourniture des chaussures pour plusieurs bataillons de la garde nationale du quartier.

Pour installer son atelier, on lui concéda une boutique inoccupée, en bordure du Collège de France.

Nous ne vîmes plus alors ce brave Roullier que revêtu d’une ample et bourgeoise redingote. La blouse bleue, qu’il affichait jadis comme un symbole, était reléguée à la blanchisserie de la citoyenne Roullier.

Par-ci par-là, j’allais à la boutique serrer la main du vieil insurgé, momentanément patron cordonnier.

Ah! ce qu’il les menait, ses «collaborateurs»!

Debout dans sa haute taille, sur le seuil de la porte, l’œil en arrêt, la barbe en bataille, Roullier les attendait, l’heure de la rentrée au travail sonnée.

—Allons! plus vite que ça! Les godillots vous attendent...

Roullier, quand vint la Commune, garda son «atelier». Je crois bien qu’il garda aussi ses fournitures de souliers aux fédérés.

Dans la matinée de mercredi, avant l’attaque du Panthéon, passant rue des Écoles, j’entrai à la boutique. Une dizaine de femmes y cousaient des sacs à terre pour la grande barricade voisine.

Roullier était là. Aussi quelques amis communs. Les fusils accotés à la muraille.