Bon garçon. Il accepte de me garder. Il a, là-haut, au sixième, une chambre de bonne qui est vide. En attendant, j’y coucherai.

A table. Nous causons.

On frappe à la porte vitrée.

—Bonjour... Je passe... Je suis entré pour te serrer la main...

Le visiteur, il m’a suffi de lever les yeux sur lui pour que mon sang ne fasse qu’un tour.

Ce visiteur, c’est un gardien de la paix.

Un gardien de la paix—de la paix! Longue capote grise à la jupe relevée à l’avant. Képi à bande blanche. Au côté, dans sa gaine de cuir jaune, un revolver d’ordonnance... Ce revolver, celui qui en est armé a le droit de le sortir de sa gaine, de le braquer sur le passant suspect, sur l’insurgé que l’on dénonce, sur la pétroleuse—l’horrible légende fait chaque jour ses victimes—et de leur trouer la peau sans plus de façon.

Le gardien de la paix s’assied. Il a été sergent de ville sous l’Empire. Camarade de régiment du parent à qui je viens demander asile. Il boit à petits coups la tasse de café qui lui a été offerte.

—Bien content que tout cela finisse, raconte-t-il. On n’a plus une minute à soi... Je suis à la mairie, rue Drouot. A tout instant, ce sont des gens qu’on amène... Il faut surveiller tout ce monde avant qu’on ne les joigne à un convoi de prisonniers pour Versailles...

J’écoute, terrifié.