pourparlers

—Je n’en sais rien, répondis-je. Nous passions ce matin devant la porte de cette cour, rue de Vaugirard, quand, à la hauteur de la chapelle, deux hommes nous ont conduits ici. Nous avons été interrogés par un capitaine. Depuis, nous attendons.

Et, m’enhardissant:

—Voyons, sergent, si nous devons, comme vous le dites, être fusillés... est-ce qu’il n’y a pas moyen de sortir d’ici?

Le sous-officier avait relevé la tête. Nous causions tous trois assez librement, après nous être éloignés de quelques pas de la «queue» fatale.

—Sortir d’ici?... Si vous êtes étudiants, je ne vois qu’un moyen. Je veux bien essayer... De quelle année de médecine êtes-vous?

Ce fut à mon ami A... de répondre... Lui était véritablement étudiant en médecine—j’ai déjà dit qu’il est médecin près de Paris—il nomma ses professeurs...

—Moi aussi, je suis étudiant en médecine, interrompit le sous-officier. Je me suis engagé à la déclaration de la guerre et j’ai continué mon service à Versailles... Eh bien! je vais aller voir le médecin-major. Je lui raconterai l’affaire. Ma foi, si je puis vous tirer de là, ce sera vraiment une veine... Et, surtout, si je tarde à revenir, ne vous laissez pas pousser en avant... Toujours à la queue...

Le sergent nous quitta. Nous le suivîmes des yeux jusqu’à ce qu’il disparût par une porte basse qui me sembla conduire à la salle d’attente du matin.

angoisse