Nous empoignons, avec joie, cette corde de salut.

Ce soir, nous dormirons pour la dernière fois place de l’École-de-Médecine.

Demain, à la gare de l’Est, à onze heures.

Nous sommes dans le train... Il roule... Attention... Les remparts... Arrêt... Des soldats prussiens qui s’approchent des portières... Le train roule à nouveau... Pas d’incidents... Dans l’après-midi, nous franchissons la porte du château... Personne ne nous a remarqués...

Ah! on ne viendra pas nous chercher ici...

PREMIÈRES PÉRIPÉTIES

imprudences

Derniers jours de juin.—Nous logeons chez le jardinier du château, pour ne point éveiller les soupçons. Le jour, nous le passons dans cette prison superbe qu’est le parc aux ombrages discrets, devisant des jours de lutte, de la défaite, des amis disparus, dont nous n’avons pas de nouvelles. Lorsque, au cours de nos promenades, nous nous trouvons en face de l’une des grilles, à travers lesquelles se déroule la campagne, il nous arrive de nous arrêter, d’attendre le passage de quelque voyageur, qui nous fixe, étonné de voir, dans ce parc d’habitude désert, deux jeunes gens inconnus, fumant tranquillement leur pipe.

—Ce n’est pas prudent de vous mettre ainsi aux grilles, nous dit un soir, au souper, la fille du jardinier. Cela fait causer dans le village. Je crois bien qu’on se doute que vous êtes des Parisiens.

Des Parisiens!