Bellenger—car c’était lui—était toujours au milieu de la rue, hésitant.

L’oncle alla à lui.

—Vous cherchez M. Vuillaume. C’est moi. Entrez.

Lorsque l’ami fut entré:

—Nom de Dieu! exclama le vieux soldat, est-ce que vous allez tous venir ici, les uns après les autres? J’en ai assez. Et...

La figure de Bellenger marquait un effarement profond. Il voyait certainement l’oncle fort en colère, ce qui n’était pas, car l’excellent homme se radoucit vite et, tendant sa main:

—Les amis des amis sont les amis. Vous êtes ici comme le neveu,—chez vous. Il est onze heures. Je m’en vais faire ma partie... avec les gendarmes. A midi, nous déjeunons.

Et, s’adressant à moi:

—Tu lui feras la leçon. Pas le nez dehors. C’est la consigne. Vous me raconterez tout ça avec la côtelette. Je ne peux pas rester plus longtemps. Il est déjà onze heures cinq. Voilà cinq minutes que je devrais être au café.

Le brave homme, que vingt et un ans de ponctualité militaire avaient coulé dans un moule chronométrique, avait ainsi toute sa journée réglée à la minute.