—Une belle hospitalité! pensai-je. Ce n’est qu’un changement de prison.
A dîner, je rencontre deux ou trois amis. Avec eux un citoyen genevois, ancien proscrit de Décembre, qui a pris la nationalité suisse. Notre conversation roule tout entière sur l’arrestation de Razoua. Je lui communique mes craintes, les nôtres à tous.
—Il vaut mieux en avoir le cœur net, dit en guise de conclusion l’ami genevois. Il doit y avoir quelque chose là-dessous. Vous devriez tout simplement aller rendre visite, dès demain matin, au chef du département de police, et lui exposer nettement votre situation. Vous ne risquez rien.
en paix
Le lendemain de bonne heure, j’étais dans l’antichambre du haut magistrat cantonal. J’avise un huissier. Je m’attendais à poser une heure. Je suis fort surpris quand l’huissier me dit tranquillement:
—Frappez à cette porte.
Je frappe. J’entre. Un homme est assis devant un grand bureau.
—Monsieur le chef du département...
—C’est moi, monsieur. Que désirez-vous?
Sans autre préambule: