—Non. Mon enfance.

Ces notes sont pour Jacques Vingtras.

—Je ferai cela à Londres, reprend Vallès... A propos, je suis allé voir Agar.

La tragédienne mise à l’index à Paris—elle avait paru sur la scène des concerts organisés par la Commune aux Tuileries—poursuivie, dénoncée par les journaux, a organisé une tournée en Suisse. Elle est à Lausanne depuis quelques jours. Le soir même, on joue Horace—ou le Cid.

Vallès nous raconte que n’ayant pas trouvé Agar chez elle, il l’a cherchée au théâtre.

—J’entre. Personne. Je pousse une porte. L’obscurité. Mon front heurte quelque chose qui fait un bruit de casserole... Le casque d’Horace... Je manque de m’éborgner à l’épée du Cid... Ah! la tragédie.

—Enfin, vous l’avez vue!

—Non. Je suis sorti. J’en avais assez des Romains... Je retournerai demain chez elle... On m’a dit qu’elle restait quelques jours... Elle doit jouer le Passant... Coppée est ici.

Nous habitons, depuis les beaux jours, à cinq ou six, un chalet à mi-côte, sur la route ombragée qui, du lac, monte à la ville. A la Croix d’Ouchy, chez Ponnaz. Une maison à tuiles rouges, autour de laquelle courent des balcons en bois, d’où le spectacle est merveilleux. La nappe laiteuse du lac, les montagnes de glaces géantes, et, quand l’air est limpide, la rive de Savoie. La rive de France.

Parfois, la lorgnette en main, nous suivons les évolutions du bateau qui aborde, en face de nous, à Évian. Nous voyons, hauts comme des mouches, les passagers quitter le pont, s’engager sur la passerelle, passer devant les deux gendarmes français.