Avec mes remerciements, agréez, cher Monsieur, mes bien cordiales salutations.

Sylvère d’Ezpeleta.

pauvreté

Razoua est pauvre.

Jamais une parole amère. Jamais un regret. Il pourrait être à Versailles, tranquillement assis sur le velours rouge de son fauteuil législatif. Toucher, chaque mois, à la caisse de l’Assemblée, la bonne prébende. Il est à Genève. Sans ressources.

Il ne fait entendre aucune plainte.

Son devoir était de venir combattre aux côtés de ceux qui lui avaient donné leurs voix. Il les a rejoints. Sans s’interroger une minute. Sans se demander s’il marchait vers la victoire ou vers la défaite. Vers l’exil. Vers la mort peut-être.

En ces temps lointains, qui semblent déjà légendaires, ils étaient quelques-uns encore—trop rares—qui croyaient au devoir.

Razoua était de ceux-là.

Il vivait, dans un faubourg de Genève, aux Eaux-Vives, chez un ami, Fesneau, que les événements du Midi avaient contraint à s’exiler.