Trois heures. Au débarcadère du bateau à vapeur du lac des Quatre-Cantons, à Fluelen. Le bateau est en vue. Je braque ma lorgnette sur le pont. Je n’ai pas revu Vermersch depuis les derniers jours de la Commune. Je me fais une fête de l’embrasser. La bateau aborde. Le voilà, avec sa femme et son jeune enfant.

—Tes bagages?

—Mes bagages?

Et il me présente, en riant, sa petite famille.

Une maigre valise. Et c’est tout.

Dès qu’il m’a annoncé son arrivée, en même temps qu’il m’apprenait son expulsion, je me suis mis en route pour lui découvrir un logis.

Sur les confins de la petite ville, une petite maison, au milieu d’un verger. J’ai loué le premier et seul étage. Le rez-de-chaussée occupé par le propriétaire. Un prêtre.

Un brave curé, qui vit là, dans la retraite et le silence.

—Votre ami ne fera pas de bruit?

—Oh! non. Il est toute la journée dans ses livres. Un poète...