Que tout cela est loin! Je n’ai plus revu Lonclas. Trois années après cette gaie excursion à la Furka, une mort affreuse terrassait Vermersch.
la mort
San Pier d’Arena (Italie). Octobre 1878.—Une lettre. Encadrée de noir... Vermersch mort. Délivré plutôt. Mort... Mon cœur se serre... Toute une vie se représente à ma mémoire. Nos causeries au quartier. La brasserie Saint-Séverin. Le Père Duchêne. Ses lettres de Londres, après la défaite. Lettres exaspérées... Son séjour, près de nous, à Altorf. Sa vie calme des premiers mois, là-bas, hors la petite ville, chez le curé... Puis, un changement subit... Un soir, il est venu me prendre, comme d’habitude, pour aller, dans quelque petite brasserie, bavarder devant nos verres... Brusquement, au cours d’une explication, il s’est dressé devant moi... Que voulait-il? Pourquoi me menaçait-il?... Ah! je comprends, maintenant...
J’ai toujours à la main la lettre encadrée de noir.
Madame veuve Eugène Vermersch, née Delphine de Somer, ses enfants, parents, frères, sœurs et beaux-frères, ont la douleur de vous faire part de la perte cruelle qu’ils viennent d’éprouver dans la personne de leur bien-aimé mari, père, gendre et beau-frère,
EUGÈNE VERMERSCH
journaliste et docteur ès-lettres[269]
NÉ A LILLE (FRANCE)
mort à Londres, le 9 octobre 1878, à l’âge de 33 ans et deux mois, après une longue et pénible maladie.
L’enterrement civil aura lieu à New South Gate, au Great Northern Cemetery, le dimanche 13 octobre, à trois heures.
Depuis que, en octobre 1875, moins d’un an après être venu m’y retrouver, Vermersch avait quitté Altorf, je n’avais que de loin en loin de ses nouvelles. Je savais qu’il avait abandonné Genève pour retourner à Londres. Ce fut Caria qui, le 10 août 1878, m’apprit, le premier, l’état, déjà désespéré, de notre pauvre ami. Caria m’écrivait:
Londres, 10 août 1878.
Citoyen Vuillaume,