Nous avons ouvert une souscription pour lui élever un petit monument sur sa tombe.[270] C’est Regnard qui est trésorier.

Recevez, citoyen, l’assurance de mon dévouement.

Léopold Caria.

Ces vers de Vermersch dont me parlait Edmond Levraud, je les ai devant moi, pendant que j’écris ces lignes, tels que les a copiés, pour me les envoyer, sur l’original, la veuve de mon pauvre ami. Les voici:

.............. je le veux bien.
Plus d’un sage envierait ma vie,
Qui vraiment est digne d’envie;
Car je vis à ne faire rien.

Dans ces premiers jours de septembre,
Des arbres le feuillage vert
S’emplit de feuilles couleur d’ambre
Annonçant le prochain hiver.

Mais le temps est si doux encore
Qu’on se croirait en fin de mai,
Que j’ai vu se lever l’aurore
Dans un grand ciel couleur de lait.

Un de ces ciels que l’Italie
Toute seule m’avait montré,
Et que jamais, même en folie,
Un peintre n’avait rencontré.

Dernier sans doute de l’année,
Hier je vis voler, tremblant,
Autour d’une rose fanée
Un papillon autrefois blanc.

Ce beau de la saison passée,
Ce marquis poudré, somptueux,
Sans doute à cette trépassée
Psalmodiait de longs aveux.