Ni en ce qui me concernait. Ni en ce qui concernait l’un ou l’autre de mes deux collaborateurs.
Et la conversation en restait là.
Peu de temps avant sa mort, j’allai voir Ranc, place des Vosges. Il m’avait fait demander un nouvel exemplaire de ma brochure Un peu de Vérité sur la mort des Otages. Il avait égaré, avant de l’avoir lu, celui que je lui avais remis lors de son apparition.[278]
Je le vois encore, solide malgré le commencement de paralysie qui lui rendait la marche très difficile, la calotte rouge sur le chef, gai, causeur, comme à l’habitude.
Nous bavardâmes de choses et d’autres.
Avant de le quitter, je lui tendis la main. Et lui, le doigt posé sur le titre de la couverture rouge:
—Allons, cette fois, vous avouez, je l’espère...
—Non... Non. Pas encore... Du reste, je n’y parle pas de l’affaire Chaudey.[279]
Juillet 1901. Nous causons, avec Ranc, de Rigault.
Ranc avait un faible pour les Hébertistes.[280] Il aimait assez qu’on le classât parmi eux. Hébertiste et Blanquiste, Rigault ne pouvait manquer d’avoir les sympathies de Ranc, avec qui il s’était rencontré un peu partout où l’on conspirait et où on luttait, dans les dernières années de l’Empire.