autres horreurs

Mon correspondant me donne d’autres détails étrangers à la caserne Lobau, mais que je cite cependant à titre de document:

Rue Neuve-Saint-Merry, on a fusillé, sur la dénonciation d’un voisin, un pauvre enfant qui jetait dans un soupirail d’égout des cartouches qui pouvaient compromettre son père et ses grands frères.

J’ai vu fusiller, sur les marches de la Morgue, un malheureux qui n’avait même pas marché sous la Commune.

Dénoncé à faux par son concierge, il fut arrêté chez lui pendant qu’il était à table, conduit à la Morgue et fusillé sans jugement,

J’ai vu de ma fenêtre revenir sa femme qui l’avait suivi. Elle avait les cheveux hérissés, la robe tachée du sang de son mari, maudissant l’infâme qui avait dénoncé faussement l’infortuné...

Signé: A. Bourdon, conseiller municipal.

Les exécutions de la rue ne le cèdent en rien à celles des cours martiales.

Lorsque Varlin est conduit rue des Rosiers, entouré d’une foule qui le lapide et lui crache au visage, le général donne l’ordre de le fusiller.

—Là, derrière ce mur, dit-il.