—Ah! oui—dit tout à coup un garde—nous l’avons été, purgés! Le capitaine nous l’avait promis. Vous savez, ce capitaine avec qui nous nous sommes disputés...
Et voilà qu’il apparaît, ce capitaine! Par quel tragique hasard est-il venu se jeter au milieu de ces combattants du 66e qu’il a si durement injuriés!
Il n’ignore pas, cependant, que le siège de leur bataillon est là, tout près, dans cette petite boutique de la rue Sedaine, où, tout à l’heure...
Beaufort n’a pas posé le pied à terre qu’il est saisi, entraîné, écrasé par la foule. Son uniforme est en pièces. Ses aiguillettes d’or pendent, arrachées. Il est tête nue. Un vent de mort a passé. On le pousse vers la mairie. Les femmes quittent leurs sacs à terre pour se joindre au groupe qui accompagne l’officier jusqu’à la salle où se tiennent les membres de la Commune.
Un flot de paroles arrive, mêlées, incohérentes, jusqu’à Ferré, qui est là, assis devant une grande table recouverte de serge verte, le masque froid, impénétrable, les yeux brillants derrière les verres du lorgnon.
Ferré écoute. Il se penche vers Genton, qui est à son côté. Il lui dit quelques mots à voix basse. Genton se lève.
—Descendons, dit-il à ceux qui semblent commander à la foule... Nous allons le juger.
premier cadavre
En bas, la foule est toujours massée.
Dès que Beaufort apparaît, ce sont des vociférations, des cris répétés de: «A mort!»