pavés maudits
—Nous remontons au quartier? dis-je à l’ami qui m’accompagne.
Au tournant de la rue Lacépède, je jette un regard à l’intérieur de la Pitié, dont le portail est grand ouvert. Je voudrais bien revoir l’interne, lui demander ce que sont devenus nos blessés.
Pan! Pan!... Un feu de peloton, tout près. Cela vient du Jardin des Plantes.
Je me retourne. L’officier au brassard tricolore est toujours là, immobile contre la grille. Le voici cependant qui se range de côté. Un groupe passe. Au milieu des soldats, baïonnette au canon, deux civils.
Pan! Pan! Encore un feu de peloton... Montons vite.
Partout des lignards, des chasseurs. Ceux que j’ai vus la veille, avant l’attaque du Panthéon, derrière les grilles du Luxembourg et devant la barricade de la rue Soufflot.
Les débits en sont pleins. Ils trinquent bruyamment sur le zinc, faisant sonner le fusil sur le parquet, jetant les pièces blanches, la ceinture bourrée de revolvers.
Nous arrivons à la rue de la Vieille-Estrapade. Là, une barricade. Deux officiers à brassard et capote grise.
—Allons! allons! crient-ils aux passants, qu’on me démolisse ça. Et vite.