—Ce n’est pas dans des draps que nous dormons, dit Pilotell, mais dans des suaires.
—Qu’importe! répond Ferré.
Le matin, à la première heure du jour, Mégy[63] est venu. Il est entré dans le grand salon. A coups de sabre, il brise le lustre de Venise suspendu au plafond. Il lacère les tableaux, éventre les meubles. Il pose des cartouches partout. Puis il s’en va, après avoir raconté qu’à la Légion d’Honneur, d’où il sortait, il a pris, à poignées, les croix, et les a jetées aux ordures.
Le caissier, Replan, apporte dans un drap de l’argent, de l’or, des billets. Ce qui reste dans la caisse.
—Distribuez tout ça aux combattants, dit Ferré.
Pilotell prend une poignée de monnaie, descend vers la barricade qui ferme l’entrée de la place Dauphine, sur le quai, en face du Henri IV.
—Tenez, amis...
—Non. Nous ne nous battons pas pour ça...
Pilotell est remonté.
Sans mot dire, Ferré, assis à une table, lui tend un papier: