Note 156:[ (retour) ] V. Emmanuel Kant, Essai sur le Sublime et le Beau.

Note 157:[ (retour) ] Don Ulloa n'y a vu que les marques d'une complette insensibilité tenant à un abrutissement avancé. Il es vrai que l'Espagne n'a point produit de philosophes!

Note 158:[ (retour) ] V. Supra, Chapitre XXXI.

ADDENDA
A LA
BIOGRAPHIE DES SAGAMOS ILLUSTRES
DE
L'AMÉRIQUE SEPTENTRIONALE


«Relativement aux expéditions scandinaves en Amérique, il n'est pas aussi avéré, quoiqu'en dise M. Marmier, que l'Islande ait d'abord été découverte par les Irlandais, qui en auraient été chassés par les Scandinaves; de même que ce qu'il raconte d'une partie de l'Amérique appelée la Grande Irlande, et des aventures de Gudleif, lequel, se rendant d'Irlande en Islande, aurait été détourné de sa route par des vents contraires, et jeté sur une côte méridionale, comme serait la Floride ou les Carolines, où il trouve Biorn exilé d'Irlande à cause de ses relations avec Thuride de Frodo, soeur de Snorre Gode, préfait de Hellgaffel. Les naturels voulaient faire un mauvais parti à Gudleif, dit la légende, quand arriva un vieillard à barbe blanche, entouré de tous les signes du commandement. Gudleif lui ayant dit qu'il venait de l'Irlande, le vieux Chef lui demanda des nouvelles de presque tous les personnages distingués de cette île, et en particulier de Snorre Gode, de Thuride sa soeur, et de Klartan, fils de celle-ci. Il délivra ensuite les Irlandais, mais en leur conseillant qu'ils s'éloignassent au plus vite.»

Cette légende est du moins tirée d'un mémoire de M. Rafu, secrétaire de la Société des Antiquaires du Nord. On y ajoute que le vieillard se sépara de Gudleif en lui donnant un anneau d'or pour Thuride, et une épée pour Klartan. Gudleif passa l'hiver à Dublin, puis retourna en Islande. Tout ce récit se rattache à la domination des Danois en Irlande.

«On parlait déjà, au siècle dernier, dit M. Lefebvre de Villebrune [159], d'une colonie galloise partie d'Angleterre, pour se fixer en Amérique, sous la conduite de Madoc, fils d'Owen Gwynned. Cette émigration était connue par des notices historiques assez certaines dans le pays de Galles, et entre autres, par quatre vers gallois que Powell a publiés dans sa Chronique. La reine Elizabeth chargea même Rawleigh de chercher ces émigrans auxquels on avait entendu dire sur la côte de Virginie, haa, hooui, iach, comment vous portez vous, ce qui est le salut même de nos Celtes de la Basse-Bretagne. Rawleigh, malheureux, ne put les découvrir... Voyons d'abord ce qu'en dit M. Filson dans son excellente Histoire du Kentucky: je donnerai ensuite la preuve de ce qu'il avance.

Note 159:[ (retour) ] Villebrune, John Baptist Lefebvre de, a learned Hellenist and Orientalist, born at Senlis, about 1732... Oriental professor at the College of France... succeeded Chamfort as keeper of the National library--BELLCHAMBERS BIOGRAPHY.

«L'an 1170, Madoc, fils d'Owen-Gwynned, prince de Galles, mécontent de la situation des affaires de son pays, abandonna sa patrie, comme le rapportent les historiens gallois. Laissant l'Irlande au nord, il avança à l'ouest, jusqu'à ce qu'il rencontra une contrée fertile, où ayant laissé une colonie, il retourna chez lui, persuada à plusieurs de le suivre, et partit de nouveau avec dix navires, sans qu'on ait entendu parler de lui depuis cette époque. Ce récit a plusieurs fois excité l'attention des savans. Mais comme on n'a point trouvé de vestiges de ces émigrans, on a conclu, peut-être trop légèrement, que c'était une fable, ou au moins, qu'il n'existait aucune trace de cette colonie. En dernier lieu, néanmoins, les habitans de l'Ouest ont entendu parler d'une nation qui habite à une grande distance sur le Missouri, semblable aux autres Indiens pour les moeurs et l'extérieur, mais parlant la langue galloise, et conservant quelques cérémonies de la religion chrétienne: ce qui, à la fin, a été regardé comme un fait constant.»