«P. S. Je suis prêt à conduire tout Gallois ou autres qui désireront une plus ample instruction.»

«Très honorable cousin,

«Telle est la copie que mon cher cousin T. R. m'envoya de New-Iork, en Amérique. Je vous avais promis de vous en donner copie, d'autant plus que vous désiriez la montrer à l'évêque de St. Asaph. Ma longue absence m'a empêché de vous satisfaire, mais pour vous éclaircir un peu les choses, ainsi qu'à ce docte antiquaire, permettez-moi de vous présenter quelques détails à ce sujet.

«Mon fràre et moi, nous entretînmes il y a quelques années une correspondance sur ce sujet avec le cousin Thomas Price de Llawilling, et il nous dit qu'un homme de Brecknoc se trouvant, il y a environ trente ans, plus ou moins sur les côtes de l'Amérique et sur un vaisseau hollandais, l'équipage voulut descendre à terre pour prendre des rafraîchissemens. Les naturels s'approchèrent, et voulaient les prendre de force, lorsque cet homme dit aux matelots qu'il entendait le langage du pays. Les Hollandais lui dirent de parler aux sauvages, qui devinrent dès lors très honnêtes, et fournirent tout ce qui était à leur disposition. Ils dirent entre autres choses à celui qui les comprenait, qu'ils étaient venus d'une contrée appelée Gwynned en Prydam Fawr. Voilà en substance ce que je me rappelle de cette circonstance: c'était je pense entre la Virginie et la Floride. Mais pour laisser de côté des rapports incertains et des conjectures, je dirai que Thomas Herbert touche en passant ce sujet au dernier feuillet de son livre de Voyages aux Indes. Il cite même la chronique du Docteur Powl, ou plutôt son commentateur Lloyd de Denbigh, pour confirmer ce fait. L'un ou l'autre, ou tous les deux, ont extrait leur récit de la vie d'Owen Gwynned ou de son fils David, écrite par Gytto de Glyn; car je n'ai pas ce livre sous la main, l'ayant laissé dans la contrée de Hereford.»

(Suit la légende de Madoc, que je me dispense de citer une troisième fois.)

«Mon frère ayant appris ce récit, et rencontrant ce Jones à New-York, le pria de lui écrire chez lui-même. Ce fut Pour m'obliger ainsi que mon cousin Thomas Price, qu'il m'en envoya l'original. Ce Jones avait sa demeure à douze milles de New-York, et avait été en même tems que moi à Oxford. Il était du collége de Jésus, et se nommait Jones Senior, pour être mieux distingué. Les noms propres ne sont pas écrits selon l'orthographe moderne, mais j'ai dit à mon copiste de les écrire comme ils y étaient tracés: l'évêque de St. Asaph saura les corriger.

«Si je puis dire mon sentiment sur ces noms, les Indiens Doëgs n'ont eu ce nom que de la syllable finale du mot Madog ou Madoc. Le Cap Atros doit être le cap Hatteras près du cap Fair dans la Caroline. Car observez qu'il dit que ces Indiens Bretons habitaient sur la rivière Pantigo près du cap Atros. Il nomme Port-Royal, qui est actuellement dans la Caroline. En outre il dit qu'il s'échappa vers la Virginie. Les Indiens Doëgs et Tuscaroras sont placés là dans les nouvelles cartes des domaines britanniques.»

CHARLES LLOYD.
A Colobran M jour 3
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Récit du Docteur Plott sur le même sujet.

«L'auteur de la lettre (Morgan Jones) n'ayant pas imaginé, ni fait présumer comment la colonie galloise peut avoir été portée dans une contrée si éloignée, je pense que ce serait obliger la société que d'éclaircir ce problême. Voici donc ce que je puis offrir au public à ce sujet, soumettant tout à l'examen le plus impartial. Ainsi j'espère procurer quelque satisfaction, ou au moins présenter quelques degrés de probabilité.