Note 35:[ (retour) ] Sir Isaac Newton a rendu cette justice aux institutions claustrales ou religieuses.

Note 36:[ (retour) ] Les Armouchiquois, disent en substance de Champlain et Lescarbot, ont des terres défrichées et en défrichent tous les jours. Pour ce faire, ils coupent les arbres à la hauteur de trois pieds, puis brûlent les branchages sur les troncs, et par succession de temps ôtent les racines. Au lieu de charrues, ils ont un instrument de bois fort dur fait en façon de bêche. Ils arrachent toutes les mauvaises herbes, et engraissent la terre de coquillages de poissons. Ils plantent parmi leur blé, des fêves riolées de toutes couleurs. La moisson faite, ils serrent le blé dans des fosses qu'ils font en quelque pente de colline ou tertre, pour l'égoût des eaux.

Il s'élevait dès lors un autre Sachem canadois, Membertou. Il appartenait à cette intéressante famille gaspésienne, dont j'ai parlé plus haut. Nous le verrons Chef des Souriquois.

CHAPITRE II


ARGUMENT

Découverte de la Floride--Des Chefs qui régissent ce pays: Andusta Satouriona, Ouaé-Outina--Amitié d'Andusta pour les Français--Puissance d'Outina et richesse de ses domaines--Les Français recherchent son alliance--Mauvais procédés de ces derniers envers Satouriona--Ambassade envoyée au grand Olata--Description d'une marche guerrière--Incidens--Pénurie des colons--Rupture de l'alliance; Outina est pris et délivré--Les Français sont massacrés par les Espagnols--Représailles--Réflexions.

Sans examiner ici, si Madoc, prince gallois, put débarquer en Floride, je mentionnerai seulement que les amiraux de Henri VII avaient aperçu ce pays, en 1497. Ce ne fut que trente ans après que Pamphile Narvaez, capitaine espagnol, aborda sur les côtes. Il pénétra à la tête de 300 hommes jusqu'aux Apalaches, mais on manque de détails sur son expédition.

Les guerres entre la France et l'Espagne, suscitèrent depuis des navigateurs hardis, qui harcelèrent cette dernière puissance jusque dans ses possessions lointaines. Un des plus célèbres fut le capitaine Robaut, dont le voyage fournit des documens assez étendus sur les peuples de la Floride.

Ils étaient alors gouvernés par des Chefs appelés Paraoustis, comme si l'on disait Sachem ou Agohanna. Il fallait un appui aux nouveaux venus contre les Espagnols, déjà en force dans le pays: Andusta fut le premier qui fit amitié avec eux. C'était un Paraousti considérable, et son alliance valut à Ribaut celle de plusieurs chefs puissans, entre autres, Mahon, Hoya, Touppa, Covecxis, Ouadé et Stabane. Satouriona, autre puissant Paraousti, se joignit à eux. Il avait besoin des Français contre Olata Ouaé Outina, le plus formidable prince de ces régions, qui vivait dans l'intérieur des terres. Mais il arriva que les Français, instruits des richesses que recélait le pays de ce dernier, ne voulurent rien entreprendre contre lui, mais se livrèrent à l'espoir d'une alliance qui leur tournerait à profit. Ces plans étaient destinés à éprouver des retards à leur exécution. Ribaut fut obligé de partir pour l'Europe. Le capitaine Albert, son lieutenant, homme brusque jusques à l'excès, s'attira la haine de la garnison, qu'il vit se consumer par la maladie et les rixes. Dans cette situation, il fallut abandonner le pays. Ce fut au grand regret des sauvages dont les habitations étaient plus près de lamer. Ils étaient aussi hospitaliers que ceux du Canada, et l'on vit le Paraousti Andusta, et Mahon, son allié approvisionner le vaisseau pour le voyage, et fournir tout ce qu'il fallait pour les cordages. Ce sauvage généreux, périt dans un combat contre Ouaé-Outina.