Honneur d'Onnondagué:

Ce que j'estime en toi, c'est bien moins l'éloquence,

L'art de négocier, que la sincérité,

Que la véracité,

Et des moeurs chez les tiens l'admirable décence.

CHAPITRE XXV


ARGUMENT

Houreouaré, du Canton de Cayougué--Il est fait prisonnier et conduit en France--Il revient avec le comte de Frontenac--Rend d'éminens services à la Colonie--Sa mort--Son caractère.

HOUREOUARÉ, né dans le Canton de Cayougué, partît avoir été le plus marquant des Iroquois, que le perfide (ou trop obséquieux) [100] Denonville fit saisir à Cadaracui. Il fut enchaîné et embarqué pour la France, où les galères l'attendaient lui et ses malheureux compagnons de voyage. Arrivé sur ce sol où tout était nouveau pour lui, il eut la bonne fortune de rencontrer un protecteur dans Louis de Buade, comte de Frontenac, duquel il se fit remarquer par sa bonne mine et son esprit. Ce seigneur, qui se disposait à retourner en Amérique, lui procura sa liberté, et s'acquit son estime et son amitié. Houreouaré se fit en peu de tems aux habitudes européennes et à la politesse française, et ne fut pas longtems sans répondre aux grandes espérances que son patron fondait sur lui. Louis XIV ayant résolu la conquête de la Nouvelle-Iork, rappella M. le Marquis de Denonville, et nomma De Frontenac, chef de l'expédition, et gouverneur pour la seconde fois.