—Des captives blanches! vous vous trompez: nous n'avons pas de captives. Celles que vous cherchez sont parmi les Apaches, loin, là-bas, vers le sud.

—Non. Elles sont parmi vous, répond Séguin, j'ai des informations précises et sûres à cet égard. Pas de retard, donc! Nous avons fait un long voyage pour les retrouver, et nous ne nous en irons pas sans elles.

Le vieillard se tourne vers ses compagnons. Ils parlent à voix basse et échangent des signes. Les figures se retournent du côté de Séguin.

—Croyez-moi, señor chef, dit le vieillard, parlant avec emphase, vous avez été mal informé. Nous n'avons pas de captives blanches.

—Pish! vieux menteur impudent! cria Rubé en sortant de la foule et ôtant son bonnet de peau de chat. Reconnais-tu l'Enfant, le reconnais-tu?

Le crâne dépouillé se montre aux yeux des Indiens. Un murmure plein d'alarmes se fait entendre parmi eux. Le chef aux cheveux blancs semble déconcerté. Il sait l'histoire de cette tête scalpée. De sourds grondements se font entendre aussi parmi les chasseurs. Ils ont vu les femmes blanches en galopant vers la ville. Ce mensonge les irrite, et le bruit menaçant des rifles qu'on arme se fait entendre tout autour de nous.

—Vous avez dit des paroles fausses, vieillard, crie Séguin. Nous savons que vous avez des captives blanches, rendez-nous-les donc, si vous voulez sauver vos têtes.

—Et vite! crie Garey, levant son rifle avec un geste menaçant. Plus vite que ça, ou bien je fais sauter la cervelle de ton vieux crâne.

—Patience, amigo, vous verrez nos femmes blanches; mais ce ne sont pas des captives. Ce sont nos filles, les enfants de Moctezuma.

L'Indien descend au troisième étage du temple. Il disparaît sous une porte et revient presque aussitôt, amenant avec lui cinq femmes revêtues du costume des Navajoes. Ce sont des femmes et des jeunes filles et, ainsi qu'on peut le voir au premier coup d'oeil, elles appartiennent à la race hispano-mexicaine.