—Vous tenir sur la tête pendant que le cheval est au galop!
—Non; ni toi ni personne. Nous sommes les meilleurs cavaliers de toute la contrée, et nous ne le pourrions pas.
—Je le puis, moi, affirma solennellement le toréador.
—Il se vante! c'est un fou! crièrent-ils tous.
—Laissons-le essayer, cria l'un; donnez-lui un cheval; il n'y a pas de danger.
—Donnez-moi mon cheval et je vous le ferai voir.
—Quel est ton cheval?
—Ce n'est aucun de ceux dont vous vous êtes servis, bien sûr; mais amenez-moi ce mustang pommelé, donnez-moi un champ de cent fois sa longueur sur la prairie, et je vous apprendrai un nouveau tour.
Le cheval qu'indiquait Sanchez était celui sur lequel il était venu depuis Del-Norte. En cherchant à le reconnaître, j'aperçus mon arabe favori, pâturant au milieu des autres.
Les Indiens se consultèrent et consentirent à la demande du toréro. Le cheval qu'il avait désigné fut pris au lasso et amené près de notre camarade, qu'on débarrassa de ses liens. Les Indiens n'avaient pas peur qu'il s'échappât. Ils savaient bien que leurs chevaux ne seraient pas embarrassés d'atteindre le mustang pommelé; de plus, il y avait un poste établi à chacune des entrées de la vallée, de sorte que, Sanchez leur eût-il échappé dans la plaine, il n'aurait pu sortir de la vallée. Celle-ci constituait en elle-même une prison.