Il tendit son arc, posa une flèche sur la corde, et observa les combattants.
En moins de cinq minutes, ils étaient à trente yards de son embuscade. Le sifflement de sa flèche aurait pu être entendu par une des outardes si elle avait écouté. L'autre n'aurait rien entendu, car avant que le son parvînt jusqu'à elle un trait empoisonné lui traversait les oreilles.
Elle tomba morte, et l'autre kori, s'imaginant d'abord qu'il avait remporté la victoire, se promena fièrement autour du cadavre; mais il parut changer d'avis en voyant le trait planté dans la tête de la victime; certes, ce n'était pas lui qui avait fait cela!
Peut-être, s'il avait eu le temps de la réflexion, aurait-il pris la fuite; mais avant qu'il eût éclairci ses idées, une autre flèche l'étendit sur le gazon!
Swartboy vint alors prendre possession de sa proie: les deux jeunes mâles qu'il avait tués promettaient d'être excellents à la broche. Il les suspendit à une branche élevée, pour les mettre à l'abri de la voracité des hyènes et des chacals; puis les chasseurs rentrèrent dans le lit du ruisseau.
CHAPITRE XXVIII.
SUR LA PISTE DE L'ÉLÉPHANT
Après avoir fait une centaine de pas, ils traversèrent une des mares dont nous avons parlé. Elle était assez grande, et la vase de ses bords portait les empreintes de nombreux animaux.
En remarquant de loin ces empreintes, Swartboy prit les devants. Tout à coup ses yeux s'élargirent, ses lèvres frémirent, et il se tourna vers ses compagnons pour crier:
—Mein baas! mein baas (mon maître)! il est venu ici un klow, un éléphant de la grande espèce!