On ne dénoncera jamais assez cette passion de l’immobilité, ce génie de la complication, cette horreur de l’innovation, ce mépris du public, cette pleutrerie de l’irresponsabilité unie à l’arrogance du despotisme.
C’est lui qui anémie l’organisme social. C’est lui qui en abaisse le rendement à un taux ridicule.
Au jeu des anticipations, je n’imagine pas la révolution qui en triomphera, tant que nous garderons nos traits de race.
Redoutons la justice. Évitons son contact. Elle marque tout ce qu’elle touche. L’homme qui bénéficie d’un non-lieu ou d’un acquittement demeure diminué socialement.
Elle est brutale. Qui n’a pas vu, à la correctionnelle, distribuer des années de prison à la minute comme on estampille des lettres à la poste, ne peut pas imaginer cette stupéfiante horreur.
Elle est obscure et cruelle. Elle guillotine et elle jargonne. Elle coupe les gens en deux et les cheveux en quatre.
Elle est injuste. Elle acquitte volontiers les crimes de la passion, c’est-à-dire de la passion amoureuse, et elle condamne les crimes de la faim. La faim aussi est une passion !…
De deux accusés, elle relâche celui qu’elle croit fou, elle garde celui qu’elle croit lucide. Comme s’ils n’étaient pas également dangereux !
Ainsi ses arrêts sont incohérents et contradictoires. Pourquoi ? Parce qu’elle est bâtie sur des ruines, avec des ruines. Elle est romaine, napoléonienne, chrétienne. Elle n’est pas humaine.