Pour cultiver cette franchise chez l’enfant, il faut, comme je l’ai dit, ne pas lui inspirer la crainte du châtiment violent, qui est le secret de la dissimulation chez les petits.
Il faut lui montrer aussi l’avantage de la franchise, le persuader que c’est la suprême habileté dans la vie.
Il n’y a qu’une limite à la franchise : le souci de ne pas faire à autrui une peine inutile : on ne signale pas un défaut physique ; on cache au malade la gravité de son état.
On n’imagine pas tout ce qu’on peut obtenir des enfants, lorsqu’on a remplacé, dès l’origine, la sévérité par la douceur, l’autorité par le prestige.
Lorsqu’ils ont commis un acte répréhensible, on les touche plus que par une punition en leur disant de très simples phrases, qui varient seulement selon leur nature : « Ce n’est pas chic… ce n’est pas élégant », ou : « Tu m’as fait de la peine ».
Surtout lorsqu’un enfant est « difficile », il faut toucher ses cordes sensibles, il faut en jouer. Ce sont des moyens d’agir sur lui. Il n’y a pas de créature complètement indomptable. Mais les façons varient d’apprivoiser.
Lorsque nos enfants regimbaient devant quelque usage nécessaire, nous les envoyions dans une île imaginaire qu’au mépris de la géographie nous appelions la Papouasie.