La foi dans l’avenir. — La connaissance de l’avenir. — Le présent vaut le passé. — L’héritage du passé.
Foi dans l’avenir.
Nous aussi, nous croyons à une vie meilleure, à une vie future. Mais nous ne la garantissons pas dans cet au-delà de la mort que nul encore n’a sondé d’un regard certain. Notre vie meilleure, c’est celle de nos descendants. Notre vie meilleure, c’est l’Avenir. Elle n’est pas dans le ciel. Elle est sur la terre. C’est la vie que nous forgeons pour ceux qui nous succéderont. Nous y croyons parce que nous y travaillons, parce qu’elle est le prolongement de notre vie. Voilà l’acte de foi qui doit nous soutenir au cours de notre existence. Cette vie meilleure, nous ne l’attendons pas dans la résignation, sous le joug des dogmes. Nous la préparons, nous apportons notre humble pierre à l’édifice, dans le courage et l’allégresse.
Devant les vagues monstrueuses, stupides et magnifiques qui se jettent et se brisent contre la jetée, je pense que les hommes ont dompté les forces extérieures de la nature et qu’ils n’ont pas encore dompté les forces intérieures, c’est-à-dire celles qui sont en eux : la colère, la haine, la méchanceté, celles qui les poussent à nuire, à tuer… Ils ont asservi les flots, les vents, la foudre ; ils n’ont point encore refréné leurs instincts barbares.
Mais qui donc aurait osé prédire aux premiers hommes ces victoires sur la nature déchaînée ? Et qui peut assurer que les hommes futurs ne couronneront pas cette victoire, en l’achevant sur eux-mêmes ?
Dans les grandes maladies qui frôlent la mort, les êtres se montrent souvent si beaux, si grands, si délicats, si exquis, si touchants, qu’ils dévoilent une humanité supérieure.
Ils montrent ce qu’ils auraient pu être, ce qu’ils auraient été s’ils avaient pu se libérer de toutes les entraves qui les retenaient de montrer le meilleur d’eux-mêmes.
On dirait qu’au seuil de la mort ils voient l’avenir des hommes et déjà le réalisent.