Oh! l’enthousiaste, l’exubérante Zonzon. Le visage animé, le geste tendre et pressant, elle appuyait:

—Dis?... Il te rend heureuse?

Lucette sourit:

—Bien sûr.

Mais Zonzon se mordait la lèvre, agitait la tête. On l’eût dit tentée et retenue tout à la fois de pousser et de préciser sa question.

—Ah! Avec toi, on a toujours peur de t’effaroucher, de faire refermer la sensitive. Enfin, tu me comprends ... Dans ses bras ... tu es tout à fait heureuse ... tout à fait?

Heureuse, dans ses bras? Certes! Ne se l’était-elle pas avoué? De nouveau, elle se l’affirma. Oui, elle était heureuse sous ses baisers, heureuse de se sentir si passionnément désirée, heureuse de la secrète volupté de se sacrifier, de s’offrir à l’aimé, d’être à la fois pour lui l’idole et victime, heureuse de cette rapide et fougueuse ardeur qui déferlait sur elle, de l’ivresse qu’elle devait lui verser et dont il lui rendait grâce ensuite, avec tant de ferveur ...

Que voulait dire Zonzon? Allait-elle se prétendre plus favorisée, faire croire qu’elle connaissait un plus grand bonheur? Allons donc! Il n’en existait pas.

Et ce fut avec une entière franchise relevée d’une toute petite pointe d’orgueil jaloux qu’elle répondit, l’air entendu: