Dans son petit appartement du boulevard Raspail, la pièce où Zonzon donnait ses consultations était très gaie. Sièges, table-bureau, bahut à usage de vitrine et de bibliothèque, tout le meuble était de ce style flamand moderne aux lignes simples et pures et dont le chêne clair a les tons chauds et dorés des moissons mûres. Les frais bouquets de la toile de Jouy fleurissaient la tenture. Dans des cadres sobres, de bonnes héliographies reproduisaient des chefs-d’œuvre préférés. Un peu partout, des pots de cuivre et de grès flambé. Et même le classique fauteuil articulé, toujours sinistre sous ses faux airs d’instrument de torture, était remplacé par un divan jonché de petits coussins à volants.

C’est là qu’au lendemain de son retour des Barres elle reçut son beau-frère. Entre ces murs où, depuis cinq ans, elle avait déjà sondé et soulagé tant d’intimes misères, elle se sentait plus confiante, plus désignée que partout ailleurs pour lui faire entendre en franchise les paroles de guérison.

A peine entré, il demanda âprement:

—Vous avez vu Lucette? Vous l’avez confessée?

—Oui.

De la main, elle lui désigna un fauteuil. Il s’y laissa tomber.

—Ah!... Eh bien, qu’est-ce qu’elle a?

Zonzon s’était assise derrière son bureau. Elle ébaucha:

—Peuh!... Du malaise.