Et comme, les coudes à la table, le buste en avant, la bouche entr'ouverte, le jeune médecin épiait l'instant de poursuivre, Jean Jarlon se carra:

—Ah!... Et maintenant, voyons, comment l'accident s'est-il produit?

—Ne croyez-vous pas, insinua le docteur Pujol, qu'il vaudrait mieux tout d'abord rassurer vos lecteurs sur l'état des victimes? Tenez, je vais vous dicter une petite note.

Jean Jarlon acquiesça, ravi. Le médecin se recueillit. Puis, les paupières modestement baissées:

—Écrivez: «Hâtons-nous de dire que l'état des blessés est tout à fait satisfaisant. Par un rare bonheur, un jeune médecin des environs, le docteur Pujol—P, u, j, o, l—aussitôt appelé, put prodiguer aux intéressantes victimes les soins...

—... les plus éclairés, se hâta d'achever Jarlon, qui trépidait d'impatience.

—C'est cela! consentit doucement le témoin.

—Et maintenant, ramena le reporter, les causes de l'accident: le chien, la direction, l'éclatement?

Le docteur Pujol haussa des épaules indifférentes:

—Est-ce qu'on sait jamais au juste? Je poursuis: «Le docteur Pujol a d'ailleurs de qui tenir. Son grand-père servit comme médecin de marine sous l'Empire. En 18...»