Jean Jarlon sursauta. L'impatience lui grimpait au long du corps, lui montait au cerveau. Résolu pourtant à ne pas lâcher son témoin sans lui avoir tiré des détails sur l'accident lui-même:
—Monsieur, je vous assure, mon temps est précieux. Excusez-moi. Mais il faut que je téléphone à mon journal. On attend... Je vous en prie, abrégeons.
La belle barbe du docteur Pujol se redressa, offensée:
—Soit, monsieur, j'abrège. Voyons, où en étais-je? Ah! oui: «... de la lutte pour la vie ne l'avaient contraint à exercer dans nos campagnes, au moins pour un laps de temps que nous espérons...»
Exaspéré, Jean Jarlon coupa:
—Oui, oui, je vois la suite, je compléterai. Mais, je vous en supplie, des détails, monsieur, des détails sur l'accident.
Alors, le docteur Pujol se leva. Et, méprisant, grand comme le monde:
—Toujours ce misérable accident d'automobile!... Mais, monsieur, je n'y assistais pas, moi, à votre accident!