16, Pythagoras.—Sextus Empiricus, Adversus Mathem., IV.

19, Spondaïque.—Monotone; ce qualificatif de spondaïque s’appliquait à un genre de musique, usité dans l’antiquité, composé de notes longues et d’égale durée.

22, Foy.—Tout ceci est dit par ironie contre les Calvinistes qui affectaient une piété excessive et donnaient à leurs enfants des prénoms tirés de l’Ancien Testament, au lieu de ceux en usage chez les catholiques.

512,

2, Cognoissance.—Il est bien regrettable que ce souhait exprimé par Montaigne, bien souvent renouvelé depuis lui, soit encore à l’état de desideratum, et qu’on continue à franciser les noms propres étrangers, aussi bien les noms d’hommes que les noms de lieux, tandis que par contre on a une tendance prononcée à employer dans le langage courant nombre de mots exotiques pour désigner des choses qui souvent ont leur nom en français. Pourquoi nous obstiner à dire Londres au lieu de London, Rome au lieu de Roma; à appeler Guillaume, Charles, au lieu de Wilhelm, de Carle, les souverains de l’Allemagne, du Portugal! Cette manie de dénaturer les noms propres n’a-t-elle pas transformé en «Pas des lanciers» un lieu dit de Provence «Pas de l’ansie» dont l’appellation, par sa signification, «pas de l’angoisse, passage difficile», en expliquait la nature, et combien d’autres dans le même cas.

12, Eschappé.—La maison régnante de France était celle des Valois qui prit fin avec Henri III et descendait de Charles de Valois, fils cadet de Philippe III, petit-fils par conséquent de saint Louis, branche indirecte des Capétiens dont le point de départ, remontant déjà à trois siècles, était certainement ignoré alors de beaucoup. Et il en était de même en ce qui concernait Henri IV qui allait succéder à Henri III et tenait également ses droits de saint Louis d’une façon tout aussi indirecte du fait de son sixième fils Robert de Clermont, sire de Bourbon. On connaissait les Valois et les Bourbons, on n’avait plus guère souvenir de la manière dont ils se rattachaient aux Capétiens.

20, D’autres.—Elles sont nombreuses, en effet, les familles qui se croient ou se disent issues de sang royal: rien qu’en Gascogne, les Montesquiou, les Montlezun, les Pardailhan, les Comminges se font descendre de la première race. Mais il y en a ailleurs en France, et un peu partout: les de Croy se disent venir des rois de Hongrie; les Carrion Nisas, des rois d’Aragon; les Commène, les Lascaris, des empereurs d’Orient; les Montmorency ont une tradition mérovingienne; plusieurs princes russes, d’origine tartare, se donnent comme descendants de Gengis Khan, etc., etc..., car ils sont légion. Qu’ils soient ou non de bonne foi, en dehors des origines qu’ils avouent et de celles qu’ils n’avouent pas, de combien d’autres non moins illustres, tout comme un chacun du reste, ne seraient-ils pas en droit de se targuer, s’ils les connaissaient? Le calcul ne démontre-t-il pas qu’en France, à raison de trois générations par siècle, tous nous avons dans les veines le sang de vingt millions de contemporains de l’an mil; à qui donc à ce compte peut-on dénier d’avoir au moins un prince dans ses alliances, tout en laissant de côté les liens de parenté que nous pouvons revendiquer du fait d’Adam et Ève, nos ancêtres communs?

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4, Face.—Voir pour la signification de ce langage héraldique la notice sur les illustrations.—Montaigne était fort épris de ses armoiries; il les laissa, ainsi qu’il le relate dans le Journal de ses voyages, à Plombières, Augsbourg et dans plusieurs autres villes; à Pise, il les fit «blasonner et dorer avec de belles et vives couleurs», les encadra et les cloua au mur de sa chambre «sous la condition qu’elles y resteraient; son hôte le lui promit et en fit serment». A sa mort, n’ayant point d’héritier mâle, il les légua à Charron, devenu son ami.

23, Procez.—Allusion au Jugement des voyelles de Lucien, où la consonne grecque Σ (sigma) porte plainte, devant les sept voyelles, contre Τ (tau), autre consonne, pour vol et violence, cette dernière la dépouillant de nombre de mots dans lesquels Τ s’est introduite, alors qu’ils se prononcent comme si c’était elle, Σ, qui entrait dans leur composition, ce qui se retrouve, du reste, dans notre langue où, fréquemment, t se prononce comme c, s ou z, ce qui est même une des modifications que poursuivent ceux qui, de nos jours, préconisent la réforme de l’orthographe.