24, L’Arioste.—Auteur italien de Roland furieux (Orlando furioso), épopée chevaleresque publiée en 1516, dont Roland, neveu de Charlemagne, est le héros et où les exploits des paladins sont racontés avec un art inimitable qui mêle le plaisant et le sérieux, le gracieux et le terrible, et fait marcher de front une foule d’actions diverses qui toutes intéressent.
25, Ouide.—Dont le chef-d’œuvre est sans contredit son poème des Métamorphoses, un des plus brillants monuments de la poésie latine, vaste épopée qui embrasse tous les faits de la mythologie et des temps fabuleux.
31, Axioche.—Dialogue d’une très haute antiquité; longtemps attribué à Platon, bien qu’il n’en reflète pas le style, et qui au jugement des meilleurs critiques serait d’Eschine, disciple de Socrate.
33, Outrecuidé.—C.-à-d. il n’est pas si vain, comme portent les éditions antérieures; ou: il n’est pas si sot, comme il y a dans l’exemplaire de Bordeaux.
34, Qu’il tient... faillir.—Var. des éd. ant.: ny ne se donne temerairement la loy de les pouuoir accuser.
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3, Esope.—Ces fables ne sont pas de lui; les Grecs se sont emparés de ses apologues et les ont arrangés sous diverses formes, soit en vers, soit en prose; mises en recueil, pour la première fois, 200 ans après sa mort, elles ont été traduites dans toutes les langues et imitées notamment par Phèdre et La Fontaine.
8, Virgile.—L’Énéide, les Géorgiques et les Bucoliques composent l’œuvre de Virgile.—Les Bucoliques sont des églogues ou pastorales écrites avec esprit et élégance, quelquefois vagues et obscures, mais où se révèle déjà néanmoins le génie de leur auteur, alors âgé de 25 ans. Les Géorgiques, qui suivirent, sont un poème didactique, un ouvrage d’économie rurale où se trouvent décrits les travaux des champs et le bonheur de la vie champêtre; on y admire une infinie variété de formes, la richesse des descriptions, une sensibilité pénétrante qui anime tout, enfin une excellence littéraire qu’il est impossible de trouver une seule fois en défaut.—L’Énéide, poème épique, dont le héros est Énée, prince troyen venu d’après les traditions s’établir en Italie, dans le Latium, après la chute de Troie et auquel les Romains faisaient remonter leur origine. L’auteur y chante le berceau de Rome et les antiquités de l’Italie; c’est une composition plutôt faible sous le rapport du plan et des caractères, mais on y admire l’art de rendre la passion, l’exquise délicatesse des vers, la perfection du style, le fini de l’exécution. Virgile, quand il mourut, n’avait pas entièrement terminé l’Énéide qu’il travaillait depuis dix ans, et par son testament, il ordonna de jeter au feu son œuvre inachevée; l’empereur Auguste s’y opposa.
8, Lucrece.—Imbu des principes d’Épicure, Lucrèce s’est fait, au Ier siècle, l’apôtre du matérialisme et de l’athéisme dans son poème philosophique célèbre «De la Nature des choses», écrit dans un langage d’un souffle puissant et parfois sublime, sans égal dans aucune langue, comme audace de pensée, amertume de sentiment et rigueur de logique.
9, Catulle.—Catulle réussit surtout dans l’épigramme et le genre érotique; on a aussi de lui deux poèmes épiques qui, notamment celui des Noces de Pélée et de Thétis, révèlent des qualités sérieuses en ce genre; tout cela d’un style exquis, achevé, d’une brièveté raffinée sous un air de simplicité extrême.