—Vous êtes devant la mère du roi, dit Catherine.
Ruggieri admira le coup. Pardaillan se courba plus profondément encore, puis, se redressant, il demeura debout dans cette pose naïve qui lui seyait merveilleusement. Catherine l'examina avec une attention soutenue.
—Monsieur, reprit-elle alors, ce que vous avez fait hier est bien beau... Se jeter ainsi dans une pareille mêlée et risquer la mort pour sauver deux inconnues c'est admirable...
—Je le sais, Majesté.
—C'est d'autant plus beau que ces deux femmes ne vous étaient rien...
—C'est vrai. Majesté: ces deux dames m'étaient parfaitement inconnues.
—Mais vous savez leurs noms maintenant?
—Je sais, répondit Pardaillan, que j'ai eu l'honneur de défendre de mon mieux Sa Majesté la reine de Navarre et une de ses suivantes.
—Je le sais aussi, monsieur, fit Catherine. Et c'est pourquoi j'ai voulu vous connaître. Vous avez sauvé une reine, monsieur, et les reines sont solidaires. Ce que ma cousine n'a peut-être pu faire, je veux le faire moi. La reine de Navarre est pauvre et ses embarras sont grands. Cependant, il est juste que vous soyez recompensé.
—Oh! pour ce qui est de cela, que Votre Majesté se rassure: j'ai été récompensé selon mon mérite.