—Comment cela?
—Par une parole que Sa Majesté la reine de Navarre a bien voulu me dire.
—Mais ma cousine de Navarre ne vous a-t-elle point offert quelque situation auprès d'elle?
—Si fait, madame. Mais j'ai dû refuser.
—Pourquoi? fit vivement Catherine.
—Parce qu'il m'est impossible de quitter Paris.
—Et si je vous offrais d'entrer à mon service, que diriez-vous? Vous ne voulez pas quitter Paris? Eh bien, c'est justement ce que je vous demanderais. Chevalier, vous qui vous jetez tête baissée à la défense de deux inconnues, voulez-vous contribuer à défendre votre reine?
—Eh quoi! Votre Majesté a-t-elle donc besoin d'être défendue? s'écria sincèrement Pardaillan.
Un fugitif sourire passa sur les lèvres de la reine: elle tenait le défaut de la cuirasse.
—Oui! cela vous surprend! fit-elle de sa voix la plus séduisante. Et pourtant, cela est, chevalier! Entourée d'ennemis, obligée de veiller nuit et jour à la sûreté du roi, je passe ma vie à trembler. Vous ne savez pas tout ce qui s'agite de sourdes ambitions autour d'un trône...