Pardaillan tressaillit en songeant à ce complot dont il avait surpris le secret à la Devinière.
—Et pour me défendre, continua la reine, pour défendre le roi, je suis presque seule.
—Madame, dit le chevalier sans émotion apparente, il n'est pas un gentilhomme digne de ce nom qui hésiterait à vous donner l'appui de son épée. Une mère est sacrée. Majesté. Et quand cette mère est reine, ce qui n'était qu'une obligation d'humanité devient un devoir auquel nul ne peut se soustraire.
—Ainsi, vous n'hésiteriez pas à prendre rang parmi ces trop rares gentilshommes qui, ayant à la fois pitié de la reine et de la mère, se dévouent pour moi?
—Je vous suis acquis, madame, répondit Pardaillan.
La reine réprima un tressaillement de joie...
—Avant de vous dire ce que vous pouvez pour moi, reprit Catherine de Médicis, je veux vous dire ce que je ferai pour vous... Vous êtes pauvre, je vous enrichirai; vous êtes obscur, vous aurez les honneurs auxquels peut prétendre un homme tel que vous. Et pour commencer, que dites-vous d'un poste au Louvre, avec une rente de vingt mille livres?
—Je dis que je suis ébloui, madame, et que je me demande si je rêve...
—Vous ne rêvez pas, chevalier. C'est le devoir des reines de trouver de l'occupation aux épées telle que la vôtre.
—Voyons donc l'occupation, dit Pardaillan.