—Monsieur, je vous ai parlé de mes ennemis qui sont ceux du roi. Or, je vais vous dire, monsieur, comment j'agis lorsque je vois s'approcher de moi un de mes ennemis. J'essaie d'abord de le désarmer par mes prières, par mes larmes, et je dois dire que je réussis souvent...
—Et quand Votre Majesté ne réussit pas? fit Pardaillan.
—Alors, j'en appelle au jugement de Dieu.
—Que Votre Majesté me pardonne... je ne saisis pas...
—Eh bien!... Un de mes gentilshommes se dévoue; il va trouver l'ennemi, le provoque en un loyal combat, le tue ou est tué... S'il est tué, il est sûr d'être pleuré et vengé. S'il tue, il a sauvé sa reine et son roi, qui, ni l'un ni l'autre, ne sont des ingrats... Que dites-vous du moyen, monsieur?
—Je dis que je ne demande qu'à tirer l'épée en champ clos, madame!
—Ainsi... si je vous désigne un de ces êtres méchants...
—J'irai le provoquer! fit Pardaillan, qui redressa sa taille.
—Monsieur, dit la reine, vous avez reçu hier une visite...
—J'en ai reçu plusieurs, madame...