Pardaillan tira de son pourpoint le papier sur lequel il avait écrit la veille et le tendit au gouverneur.

Voici ce que contenait le papier:

—Sa Majesté est prévenue qu'il y a contre elle complot d'assassinat. Messieurs de Guise, de Damville, de Tavannes, de Cosseins, de Sainte-Foi, de Guitalens, gouverneur de la Bastille, conspirent pour tuer le roi et faire sacrer à sa place M. le duc de Guise. Sa Majesté aura la preuve du complot en faisant mettre à la question le moine Thibaut, ou M. de Guitalens, l'un des plus acharnés. La dernière réunion des conspirateurs a eu lieu dans une arrière-salle de l'auberge de la Devinière, rue Saint-Denis.

Je suis perdu, bégaya Guitalens. Misérable!

—Monsieur! dit Pardaillan, je cherche ma liberté, voilà tout! Mais je puis vous sauver...

—Vous!... vous me sauveriez! Et comment?... Dans quelques instants, le roi saura l'horrible vérité...

—Eh! s'écria Pardaillan, qui vous dit que le roi va être prévenu dans quelques instants!...

—La lettre!

—Il ne l'aura que ce soir. Mon ami ne doit la porter que ce soir, à huit heures, entendez-vous! Nous avons donc toute une journée devant nous!...

—Fuir?... Mais où fuir?... Je serai rejoint!...