—Ah! voilà où mon idée a du bon! Henri de Béarn est votre ennemi... eh bien, j'en fais plus que votre ami, j'en fais votre frère... en lui faisant épouser votre soeur... ma fille Marguerite!

—Margot! s'écria Charles stupéfait.

—Elle-même! Croyez-vous qu'il refusera l'alliance? Croyez-vous que l'orgueilleuse Jeanne d'Albret elle-même ne sera pas fière et heureuse d'une pareille union?

—L'idée est admirable, en effet. Mais qu'en dira Margot?

—Marguerite dira ce que nous voudrons.

—Par la mort-dieu! s'écria le roi en se levant, voilà, madame, une belle et profonde pensée... Oui, oui, cela nous assure la paix... Le Béarnais rentrant dans ma famille, et Coligny occupé aux Pays-Bas, il n'y a plus de parti huguenot!... Ah! je respire!

Et le roi Charles, en véritable enfant qu'il était, esquissa un pas de danse, puis saisit sa mère à pleins bras et l'embrassa sur les deux joues.

Soudain, Catherine vit son fils pâlir. Charles porta sa main crispée à son coeur et s'arrêta, haletant. Son regard se troubla. Ses pupilles se dilatèrent. Puis ses traits se calmèrent. Son regard s'apaisa. Il respira plus librement.

—Vous le voyez, ma mère, dit-il avec un triste sourire, voici une crise avortée. La joie que vous m'avez donnée me rend déjà plus fort... Ah! s'il n'y avait plus autour de mon trône ni haines sourdes, ni intrigues... si nous avions enfin la paix!...

—Vous l'aurez, Charles! dit Catherine qui se leva. Reposez-vous en votre mère qui veille sur vous... J'ai donc votre approbation pour ouvrir des conférences en vue de ce mariage.