Alice se renversa, tomba, pantelante, sans que la fascinatrice l'eût touchée.
Catherine mit un genou à terre. Et sa voix rauque jaillit non comme une question, mais comme une affirmation définitive:
—Tu l'aimes!...
—Je ne le connais pas!... murmura Alice.
Puis elle s'évanouit. Catherine tira de son aumônière un flacon de cristal qu'elle déboucha avec précaution. Elle le fit respirer à la jeune fille. L'effet fut immédiat. Une secousse violente galvanisa Alice. Elle ouvrit les yeux. Son visage se couvrit d'une abondante sueur.
—Debout! gronda la reine.
Alice de Lux obéit. Tandis qu'elle se relevait, Catherine reprenait sa place dans son fauteuil.
En même temps, son visage, prodigieusement habile à prendre toutes les expressions, redevenait paisible et serein. Un sourire erra sur ses lèvres. Et sa voix se fit caressante:
—Que vous arrive-t-il donc, mon enfant? Êtes-vous à ce point fatiguée? Voyons, parlez-moi sans crainte... vous savez bien que je vous aime assez pour subir un peu vos caprices...
Alice de Lux demeura un instant suspendue entre deux abîmes: la terreur d'une supercherie possible, l'espoir que la reine, par affection, par politique peut-être, la ménagerait.