—Chevalier, Sa Majesté la reine nous a dit que vous étiez un vrai paladin des vieux âges; faisons donc comme faisaient les paladins quand ils se rencontraient, et embrassons-nous... le roi de Navarre, mon cousin, le permet...
—Monseigneur, dit Pardaillan, qui reconnut à ces derniers mots le jeune prince de Condé, je puis aujourd'hui accepter ce titre de paladin, puisqu'il m'est donné par le fils de Louis de Bourbon, c'est-à-dire d'un vaillant preux, le plus vaillant parmi ceux qui sont tombés sur les champs de bataille.
—Bien dit, ventre-saint-gris! s'écria le Béarnais.
—Le dernier personnage, qui n'avait encore rien dit, félicita à son tour le chevalier, en disant:
—Si l'amitié du vieux d'Andelot peut vous être agréable, elle vous est acquise, jeune homme...
Cependant, le jeune roi de Navarre fixait un oeil rusé sur le chevalier, et il cherchait peut-être quelque moyen de l'attacher à sa fortune, lorsque la porte s'ouvrit; un de ces domestiques armés en guerre que Pardaillan avait remarqués, alla vivement à l'amiral Coligny et lui glissa deux mots à l'oreille.
—Sire, dit Coligny, M. le maréchal de Montmorency a bien voulu se rendre à mon invitation. Il est là. Et il attend le bon plaisir de Votre Majesté.
—Ce cher François! Je serai heureux de le voir. Qu'il entre! Monsieur l'amiral, et vous, mon cousin, vous voudrez bien demeurer près de moi pendant cette entrevue.
Les autres personnages de cette scène se levèrent pour se retirer.
—Eh bien! fit Déodat, en saisissant le bras de Pardaillan, à quoi songez-vous donc?