Pardaillan tressaillit, comme s'il s'éveillait d'un rêve. L'annonce que le maréchal de Montmorency allait entrer dans cette salle l'avait plongé dans une sorte de stupeur.

—Pardon, balbutia-t-il.

Et il s'inclina devant le roi de Navarre qui, pour la deuxième fois, lui tendit la main et lui dit:

—Le comte de Marillac m'a fait savoir que vous ne prisiez rien tant que votre indépendance, et que vous entendiez vous tenir en dehors de toutes querelles; cependant, je veux croire que notre rencontre aura un lendemain et, quant à moi, je serais heureux de vous voir parmi les nôtres.

—Sire, répondit Pardaillan, je dois à tant de bienveillance une entière franchise: les guerres religieuses m'effraient. Mais j'avoue à Votre Majesté que, si l'ardente sympathie d'un pauvre diable comme moi peut lui être utile, cette sympathie, vienne l'occasion, ne lui fera pas défaut...

—Bien, bien... nous reprendrons cet entretien, dit le roi.

Pardaillan sortit avec Marillac. Le vieux d'Andelot et Téligny étaient déjà sortis ensemble.

—Quelle faiblesse vous a pris tout à l'heure, cher ami? demanda alors Marillac. Vous avez paru tout ému et vous êtes encore pâle.

—Écoutez, fit Pardaillan, c'est bien le maréchal de Montmorency qui va être introduit auprès du roi?

—Mais oui, fit Marillac étonné.